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Le thème de cette semaine:
La Semaine de la francophonie célèbre, contre la tentation du repli, l'affranchissement et l'amour de la langue.
Avec Leïla Slimani, Alain Finkielkraut, Ahmet Altan, Manal Salamé et Josée Kamoun. |

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Leïla Slimani « Assaut contre la frontière » (Gallimard)
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«Il me semble que tout roman est la tentative de répondre à une question. Et que celle qui fut à l'origine et au centre de ma trilogie est celle-ci : pourquoi est-ce que je ne parle pas ma langue ? Cette langue arabe, qu'est-elle pour moi ? Penser à ça, à la langue arabe, c'est ressentir un mélange de chagrin et de honte, de colère et de frustration. Comment pourrais-je vous raconter, vous faire comprendre que je parle comme une enfant la langue qui devrait être la mienne ? Que je vis avec une langue fantôme comme on parle d'un membre fantôme dont on sent encore la présence bien qu'il ait été amputé. Cette langue, je l'ai cherchée partout. Je l'ai désirée, je l'ai poursuivie, j'ai pu suivre des inconnus dans la rue simplement pour les entendre prononcer ces syllabes familières. Je pourrais aisément reprendre à mon compte les mots de l'écrivaine et peintre libanaise Etel Adnan : "Je me suis retrouvée à la porte de cette langue. Je l'ai érigée en mythe, en une sorte de paradis perdu."» Une première version de ce texte a été lue en public par Leïla Slimani lors du Festival d'Avignon 2025.
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Alain Finkielkraut « Le coeur lourd » (Gallimard)
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Une enfance de l'après-guerre, dans une famille de survivants qui croyaient en l'école. Un goût pour la littérature comme moyen d'accès privilégié à tout le reste, à l'art, aux paysages, à la France, aux animaux. Une identité juive inquiète, faite de fidélité aux parents et aux morts, mais dans laquelle le ciel est vide. Que reste-t-il de tout cela quand en France désormais la littérature s'efface, et quand la situation en Israël est un tourment quotidien ? Comment tenir, coûte que coûte, la ligne de crête ? « Pour la première fois de notre histoire, nous devons faire face à la haine sans avoir la consolation de l'innocence. C'est cela le coeur lourd.» Au fil d'une conversation avec Vincent Trémolet de Villers, Alain Finkielkraut offre ce qui est peut-être son livre le plus personnel.
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Josée Kamoun « Dictionnaire amoureux de la traduction » (Plon)
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D'une entrée à l'autre de ce Dictionnaire amoureux, Josée Kamoun nous fait rêver, rire, et réfléchir au fil de ce que nous dit la traduction sur l'inépuisable, l'ensorcelante ambiguïté du monde. Passeurs de frontières, questionneurs permanents du langage et de la langue, les traducteurs sont à fois les instruments et les agents du devenir. " Un Dictionnaire amoureux, c'est le contraire d'un dictionnaire : son A à Z n'épuise pas le sujet, et il annonce d'emblée la couleur de sa subjectivité. Il s'agit d'entraîner les lecteurs dans des traboules dont les débouchés peuvent surprendre, de les entraîner parfois aux confins du traduire chez ceux pour qui le mot est geste ou chez ceux dont la langue se délie pour moduler celle des oiseaux. Introduits dans le voyage des oeuvres par la belle Schéhérazade, on y croisera des émojistes enlumineurs postmodernes, des harponneurs de baleine blanche, une adolescente anglophone à Vérone, des bilingues et diglosses à leur corps défendu, des irréductibles de Babel et des Fédérés de la Pentecôte. Mon dictionnaire est une histoire d'amour avec toutes les langues et littératures que la traduction m'a offertes, la langue et la littérature anglaises en particulier, mais aussi avec les paysages et les accents américains ; avec la langue et la littérature françaises, avec les vieux vieux textes hébergeant des mots disparus comme avec le parler tout neuf qui court la rue, date de péremption inconnue. Une galerie d'étonnements et d'admirations devant l'inépuisable, l'ensorcelante ambiguïté du réel. "
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Ahmet Altan « Boléro » (Actes Sud)
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Asli, femme indépendante et épanouie, vit à Ankara, où elle est physiothérapeute. Chaque week-end, elle se rend dans la propriété de Mehmet, un ancien procureur condamné pour corruption et violences, qui l'a engagée afin de soulager son dos. Si la nuit ils entretiennent une relation passionnée, Mehmet tient Asli à distance le jour. Lorsqu'elle rencontre Romaïssa, l'épouse de son amant, une complicité naît entre elles, faite de moments privilégiés au bord de la piscine. Sous le soleil brûlant d'Anatolie, Asli plonge dans l'intimité du couple et dans le passé trouble de Mehmet, au risque de se perdre.
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Manal Salamé « Habibi Beyrouth » (La Tribu)
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« Un matin, je me suis réveillée en rêvant que je ne parlais plus l'arabe. J'ai compris qu'il fallait rentrer. » Après dix-sept ans en France, loin de son pays natal, Amal revient à Beyrouth pour obtenir une carte d'identité. Mais ce qui ne devait être qu'une simple formalité se révèle beaucoup plus compliqué que prévu et Amal doit prolonger son séjour. Ses démarches administratives la conduisent des rues palpitantes de la capitale jusqu'au sud du pays, dans son village familial désormais tenu d'une main de fer par le Hezbollah. Elle devra affronter ce qu'elle avait fui : la tyrannie des apparences, les sales rumeurs réservées aux femmes non mariées et sans enfants. La traversée de ce pays aussi beau que tourmenté devient un voyage au coeur de la mémoire et des blessures de l'exil.
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Dans les précédentes émissions |
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Danièle Sallenave « La splendide promesse. Mon itinéraire républicain » (Gallimard)
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Je suis une enfant des années d'après-guerre, élevée dans l'amour de la république, de ses principes, de ses symboles et de ses mythes au coeur de l'Ouest conservateur et clérical. Qu'ai-je fait de cet héritage, et qu'a-t-il fait de moi ? Je ne me donne pas en exemple, je raconte. Mon itinéraire, mon parcours dans une époque mouvementée. Fin de la guerre d'Algérie, mai 68, découverte du tiers-monde, chute du Mur, sursauts populistes d'une France en proie au mécontentement et au doute... Une rude mise à l'épreuve de l'idéal républicain. Des voyages, des rencontres, des engagements, des amitiés, des ruptures. Et pour finir une conviction têtue. La république n'est rien si elle oublie «la splendide promesse faite au tiers état», selon la formule de Mandelstam. Une promesse de justice, d'instruction et de progrès. D. S.
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Isabelle Carré et Delphine Saubaber « Nos enfants, l'urgence d'agir ! Manifeste pour l'écriture » (Robert Laffont)
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Ce manifeste lance un appel urgent et nécessaire : rendre à l'écriture ses lettres de noblesse dès la plus tendre enfance. Parce qu'écrire, c'est exister. Écrire, c'est résister. " Ce livre est un coup de gueule. Ce livre est fait de larmes et de colère profonde. Ce livre est aussi fait d'espoir. Nous allons dans le mur. Et avec nous, nous entraînons nos enfants ". Constatant la dégradation du niveau scolaire en lecture et en écriture, la toute-puissance des écrans et de l'intelligence artificielle, Isabelle Carré et Delphine Saubaber dénoncent, dans cet ouvrage, le risque d'une génération privée de pensée autonome et d'expression personnelle. S'appuyant sur leur expérience d'animatrices d'ateliers d'écriture, elles témoignent du pouvoir libérateur et structurant des mots, capables d'aider les jeunes à se construire et à s'émanciper. Un texte court, clair, engagé, qui dit l'urgence sociétale et politique, et invite parents, éducateurs et décideurs à revaloriser l'écrit comme outil fondamental de transmission et d'éducation. Un manifeste qui donne aussi la voix aux jeunes.
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Pierre Assouline « Tenez bon : comment des livres nous donnent de l'espoir » (Robert Laffont)
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Tenez bon est un manifeste, qui déploie une conviction essentielle pour Pierre Assouline : les livres nous donnent de l'espoir. Qui n'a jamais été tenté de reculer devant le risque et le danger, ou de céder à la mélancolie ? Face à l'adversité, qu'elle soit intime ou collective, Pierre Assouline sait les livres qui nous donnent de l'espoir. Il suffit d'une page, d'une phrase ou même d'un seul mot pour forger en chacun d'entre nous un socle de résistance. Les paroles d'Albert Camus, Simone Veil, Jean Moulin, Rudyard Kipling ou Paul Celan, sans oublier Job, personnage biblique à la portée universelle, ni la chèvre de Monsieur Seguin, permettent de tenir bon dans les situations difficiles. Tenir bon face à la barbarie ordinaire. Tenir bon dans ses valeurs, et ne pas renoncer à ses convictions, quand tout nous pousse à les trahir. Tenir bon dans la défense absolue de l'État de droit, pilier de la République. Tenir bon chaque fois que l'on croit perdre une forme de dignité. Tenir bon, à condition que cela ne se fasse pas aux dépens de la légèreté...
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Sylvie Chokron « Dans le cerveau de... » (Les Presses de la Cité)
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Un voyage au coeur de l'organe le plus mystérieux et le plus fascinant du corps humain. Que se passe-t-il dans le cerveau d'un optimiste, d'un philanthrope, d'un hypersensible ou encore d'un polyglotte ? Pourquoi l'art nous rend-il heureux ? À quoi pense une aventurière seule dans le désert ? Qu'est-ce que la peur d'un point de vue neurologique ? À travers une série d'entretiens menés par Sylvie Chokron, le lecteur entre dans la tête d'un astronaute, d'une reporter de guerre, d'un parfumeur de luxe, d'une cuisinière de talent, d'un musicien de génie, d'un aiguilleur du ciel ou bien encore d'une traductrice renommée. Que dire du cerveau du journaliste François Saltiel, du pianiste André Manoukian, de l'ancienne dirigeante de presse Perla Servan-Schreiber, du champion de ski Edgar Grospiron, de l'auteure Susie Morgenstern et d'autres êtres tout aussi exceptionnels ? Sont-ils si différents de nous ? Dans le cerveau de... nous amène à décrypter les secrets de nos capacités cognitives pour mieux les utiliser.
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Clémentine Beauvais « Pierre Bayard Détextive Privé tome 3 : code Petite Sirène » (Sarbacane)
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Lorsqu'une agente secrète danoise appelle Pierre Bayard et Édith à la rescousse pour trouver le secret caché entre les pages du célèbre conte La Petite Sirène, les deux acolytes ne peuvent résister à l'appel de l'enquête littéraire. Bravant leur interdiction d'exercer et accompagnés de Bas-de-Casse, les voilà partis pour New York à bord d'un paquebot pour élucider l'énigme ! Resté à terre, Minuit-Pile voit de son côté les anomalies se multiplier : livres inexistants qui continuent à apparaître, articles mentionnant un drôle de Pierre Bayard... Que se trame-t-il avec le célèbre enquêteur ? Cap sur les mystères qui s'épaississent autour de la fine équipe de détextives !
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Joann Sfar « Terre de sang : Le temps du déséspoir » (Les Arènes BD)
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"Nous vivrons" était le livre de l'après-pogrom du 7 octobre, "Que faire des Juifs ?" une réflexion sur l'histoire du judaïsme et de l'antisémitisme, avec une dimension à la fois historique, personnelle et charnelle. Avec Terre de sang, Joann Sfar s'éloigne de la chronique immédiate et de la fresque didactique. Il tend l'oreille aux voix palestiniennes, arabes, bédouines, dans le tumulte d'un conflit insoutenable. Il reprend ici le flambeau du reportage dessiné et parcourt des villes fracturées sur une planète à bout de souffle : Venise, Paris, Ramallah, Naplouse, Hébron, Jérusalem, Tel-Aviv... Aux massacres, aux idéologies, aux mécanismes de haine, il oppose le dialogue qui, même lorsqu'il semble impossible, reste un acte politique puissant. Sfar s'ancre dans la BD du réel, poétique, violente, fraternelle, qui ne sauve rien, mais n'abandonne personne.
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Agnès Desarthe « Qui se ressemble » (Éditions Buchet/Chastel)
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"Tu es ma vie, chante la femme à l'épaisse chevelure noire maintenue en un chignon gonflé. Elle a un mouchoir à la main, comme ma grand-mère, des lunettes fumées, comme ma grand-mère, elle parle arabe, comme ma grand-mère." 1956, Besançon : un jeune homme venu d'Algérie découvre la France. 6 octobre 1973, Paris, jour de Kippour : une enfant comprend confusément qu'une guerre vient d'éclater. Au fil du texte, la chanson Enta Omri d'Oum Kalsoum devient fil d'Ariane : une musique-mémoire pour dire l'exil, la langue, la transmission, la traduction - et ce « douanier » imaginaire qui laisse passer les mots mais retient la culture. Avec une justesse éblouissante, Agnès Desarthe signe un récit la fois intime et ample où la musique ouvre les portes du passé et éclaire la complexité d'une appartenance.
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Yasmina Khadra « Le prieur de Bethléem » (Flammarion)
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Un éditeur parisien est enlevé dans des circonstances mystérieuses. Séquestré dans un réduit, il découvre que son ravisseur lui a soumis un manuscrit qu'il a refusé. L'auteur, un moine palestinien éprouvé par la violence, tient à ce que son récit soit connu de tous et, à travers lui, la tragédie d'une terre en larmes et en sang. Avec un talent remarquable, Yasmina Khadra déploie un texte d'une force impressionnante et empreint d'une poésie très évocatrice sur le naufrage de l'humanité d'aujourd'hui.
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Maryse Burgot « Loin de chez moi : Grand reporter et fille de paysans » (Le Livre de Poche)
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« Sur une route du Donbass, nous venons d'essuyer un tir d'obus. C'est un miracle que nous soyons en vie. Nous roulons, pied au plancher, pour échapper à une nouvelle attaque. Mon téléphone sonne. Il est dans la poche de mon gilet pare-balles. Impossible de ne pas répondre. C'est l'un de mes fils. Je décroche. Il s'agit d'un problème de cuisson de riz. J'explique ma méthode. Je ne parle pas trop fort, j'ai peur que les membres de mon équipe me prennent pour une folle. Mais ce soir, le riz sera bon à la maison. » Rien ne prédestinait Maryse Burgot, fille d'agriculteurs bretons, à sillonner le monde au péril de sa vie. Les directs et les reportages de cette évadée de son milieu d'origine sont, depuis les années 1990, des rendez-vous incontournables des téléspectateurs de France 2. Avec sa voix singulière et son approche de l'information, elle s'est définitivement installée dans nos salons le soir à 20 heures. "Le récit de Maryse Burgot mêle le bruit et la fureur du monde à son parcours personnel et transpire la ténacité, la passion, l'empathie et le courage. Dorothée Werner, Elle."
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Wajdi Mouawad « Jusqu'au bord de son ravin : Les verbes de l'écriture » (Seuil)
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Pour s'avancer jusqu'au bord de son ravin, il faut des mains à tenir. Mais, de toutes les mains, la plus précieuse est celle qui nous donne le courage de lâcher. Car écrire c'est chuter, c'est le battement de son coeur qui remonte à la gorge, et qui accélère aux rafales des frayeurs. Au Collège de France, en 2025, Wajdi Mouawad a prononcé huit leçons. Chacune avait pour matière l'exploration d'un verbe : être, voir, trembler, choisir, rencontrer, consoler, aimer, mourir. Tout son parcours personnel et artistique, marqué par la guerre, l'exil, le poids des identités, les secrets familiaux, la transmission transgénérationnelle et la réconciliation, s'y réfléchit. Il raconte ainsi des histoires passées et présentes, intimes et collectives, car, à travers ces verbes, ce sont nos relations aux autres qui se nouent. En creux, Wajdi Mouawad rappelle combien l'écriture est un acte de dignité et de reconnaissance, combien il faut savoir se laisser tisser par elle sans jamais lui poser de condition.
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Wajdi Mouawad « Le serment d'Europe » (Actes Sud)
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PARUTION : 01/04/2026 Soixante-quinze ans après un massacre qu'elle a commis enfant, Europe accepte de témoigner. En convoquant ses trois filles, qu'elle a jadis abandonnées, elle ravive le feu d'une histoire maudite où se mêlent héritage de la violence, culpabilité et silence. La charge de l'écriture est insoutenable, irrespirable. Si "Incendies" avait marqué les esprits, "Le Serment d'Europe" va encore plus loin, dans une actualité à faire frémir le tragique théâtre du sang.
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